Yamaha RD 350 : histoire, fiche technique et cote des deux générations

Sous le nom « RD 350 », Yamaha a en réalité produit deux motos très différentes, à sept ans d'écart. La première, refroidie par air, sort en 1973. La seconde, la RD 350 LC, arrive en 1980 avec un refroidissement liquide et des solutions héritées des machines de course TZ. Avant d'acheter ou de restaurer l'une d'elles, mieux vaut savoir laquelle vous avez en face de vous, ce qu'elle vaut sur le marché actuel et quels défauts surveiller.

En bref

  • La RD 350 originale (1973-1975) refroidit son bicylindre par air et développe 39 ch à 7 500 tr/min.
  • La RD 350 LC (1980-1991), beaucoup plus répandue en France, passe au refroidissement liquide et reprend des éléments techniques des motos de course TZ.
  • Le système YPVS, introduit en 1983 sur le code moteur 31K, fait grimper la puissance de 47 à 59 ch.
  • Les défauts connus touchent les collerettes d'échappement, les soudures du cadre et le graissage de l'axe du bras oscillant.
  • La cote actuelle s'étend d'environ 2 500 € pour un modèle à restaurer à plus de 15 000 € pour un exemplaire entièrement restauré.
  • Un modèle immatriculé depuis plus de trente ans peut obtenir une carte grise de collection auprès de la FFVE.

Deux générations distinctes derrière le même nom

Confondre les deux générations reste l'erreur la plus fréquente chez un acheteur peu renseigné. Elles ne partagent ni le même moteur, ni le même châssis, ni la même cote.

La RD 350 originale (1973-1975), refroidie par air

Cette première RD 350 descend directement de la 350 cm³ R5, dont elle reprend l'admission à clapets. Le bicylindre en ligne, refroidi par air, affiche une cylindrée de 347 cm³ pour un alésage et une course de 64 x 54 mm, avec un taux de compression de 6,6:1. La puissance atteint 39 ch à 7 500 tr/min, transmise par une boîte à six vitesses. Le graissage automatique « Autolube » supprime le mélange manuel essence-huile, une avancée notable pour l'époque.

Au chapitre du poids et des performances, un essai de 1974 relevait une vitesse de pointe proche de 164 km/h et un poids en ordre de marche de 155 kg. Le frein à disque à l'avant, associé à un tambour à l'arrière, était alors considéré comme très efficace pour la catégorie. Cette version a cédé sa place à la RD 400 C dès 1976.

La RD 350 LC (1980-1991), refroidie par liquide et héritée des TZ de course

Yamaha présente cette nouvelle RD 350 au Salon de Paris en octobre 1979, l'homologue en mai 1980 et la commercialise en France dès juin 1980, au prix de 12 950 francs (environ 1 975 € convertis). Le moteur bicylindre deux temps, désormais refroidi par liquide, reprend des solutions mises au point sur les machines de course TZ. La suspension arrière de type « cantilever », empruntée aux motos de cross de la marque, et le double disque avant renforcent son caractère sportif.

Une version jaune, réplique de la moto de course de Kenny Roberts, a même été réservée au marché américain. En France, la RD 350 LC s'est vendue à 9 212 exemplaires entre 1980 et 1985, puis à 1 513 unités supplémentaires entre 1986 et 1991, soit un total de 10 725 motos immatriculées.

Quelles évolutions a connu la RD 350 LC entre 1980 et 1991 ?

Chaque millésime porte un code moteur précis, utile pour vérifier la cohérence d'une annonce avec la carte grise du véhicule.

Période Code modèle Principales évolutions
1980-1982 4LO Version initiale, frein arrière à tambour, 47 ch à 8 500 tr/min
1983-1984 31K Ajout du YPVS, nouveau cadre et fourche, disque arrière remplaçant le tambour, 59 ch à 9 000 tr/min
1985 RD350N / RD350F (carénée) Étriers de frein à 4 pistons, compte-tours électronique
1986-1991 RD350F2 (1WT) Dernière grande révision, dernière déclinaison vendue en France

La production s'arrête en 1991, la faute aux normes antipollution de plus en plus contraignantes pour les moteurs deux temps.

Fiche technique complète de la Yamaha RD 350 LC

Les chiffres varient sensiblement entre le modèle initial (4LO) et les versions équipées du YPVS (31K et suivantes).

Donnée 4LO (1980-1982) 31K et versions ultérieures (1983-1991)
Moteur Bicylindre 2 temps, 347 cm³, refroidi liquide Identique, avec YPVS
Carburateurs 2 x Mikuni Ø 26 mm 2 x Mikuni Ø 26 mm
Puissance 47 ch à 8 500 tr/min 59 ch à 9 000 tr/min
Couple 4,10 mkg à 8 000 tr/min 4,80 mkg à 8 500 tr/min
Poids en ordre de marche 160 kg 164 kg
Frein arrière Tambour Ø 178 mm Disque Ø 267 mm
Frein avant Double disque Ø 267 mm Double disque Ø 267 mm, étriers 4 pistons dès 1985
Réservoir 15,5 à 16 L 16 L
Vitesse maximale Environ 165 km/h Environ 180 km/h
Consommation 6 L/100 km (allure modérée), plus de 10 L (conduite sportive) Identique

Avec ces chiffres, la version 31K dépasse les 135 ch au litre, un rapport remarquable pour une 350 cm³ de série de cette époque.

Comment se comporte une Yamaha RD 350 LC sur la route et en ville ?

En ville, la RD 350 LC se montre agile et joueuse, malgré un moteur qui devient franchement explosif en haut régime. Le YPVS adoucit la montée en puissance et rend la moto exploitable à bas régime, un vrai progrès par rapport au modèle 4LO.

Sur route, le comportement reste souple jusqu'à 6 000 tr/min, puis la poussée se fait nettement plus franche au-delà de 6 500 tr/min. Cette double personnalité donne tout son sens au surnom donné à la moto par certains essayeurs d'époque. Les petites routes sinueuses mettent en valeur sa légèreté et sa précision de direction.

Sur autoroute, la RD 350 LC montre ses limites : consommation élevée en conduite tendue et confort de selle discutable sur de longs trajets. En duo, la selle et l'arceau arrière offrent un confort correct pour le passager.

Le freinage, assuré par un double disque à étriers flottants à l'avant, reste efficace et endurant, mais certains essayeurs lui reprochent un manque de mordant, en particulier sur les versions à tambour arrière antérieures à 1983.

L'entretien demande de la rigueur : temps de chauffe respecté, qualité de l'huile deux temps, réglage de la carburation. Un moteur bien suivi se montre fiable sur la durée.

Quels sont les points faibles connus de la Yamaha RD 350 ?

Avant de parler de ses qualités, mieux vaut connaître les défauts récurrents signalés sur ce modèle.

  • Collerettes d'échappement fragiles, qui se fissurent sur les premiers modèles 4LO.
  • Soudures du cadre parfois craquelées, à contrôler visuellement avant tout essai.
  • Graissage insuffisant de l'axe du bras oscillant, un point souvent négligé par les anciens propriétaires.
  • Pièces d'habillage (carénages, caches latéraux) devenues rares et chères à trouver en bon état.
  • Freinage un peu mou sur les versions à tambour arrière, avant l'arrivée du disque en 1983.

Une fois ces points vérifiés, la RD 350 LC garde de vrais atouts : un moteur réputé increvable quand il est entretenu, une agilité rare pour l'époque, et un son caractéristique qui reste l'un des arguments préférés de ses propriétaires.

Combien coûte une Yamaha RD 350 aujourd'hui ?

Les prix observés sur les annonces récentes varient fortement selon l'état et le pays de vente.

Exemple d'annonce Année de l'annonce Prix constaté
Projet à restaurer, Royaume-Uni 2026 Environ 2 900 € (2 500 £)
RD 350 LC en état d'usage, France 2026 Environ 5 900 €
RD 350 restaurée à plus de 95 %, France 2026 Environ 6 600 €
RD 350 LC entièrement restaurée, basse kilométrie, Royaume-Uni 2026 Environ 15 400 € (12 995 £)
Vente aux enchères, RD 350 LC 1982 restaurée, National Motorcycle Museum Juillet 2023 8 625 £ frais inclus

Ces montants restent des prix demandés ou constatés ponctuellement, pas une cote officielle. Un écart important sépare toujours un exemplaire d'origine, bien suivi, d'une moto de collection totalement refaite pièce par pièce.

Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter une Yamaha RD 350

Avant de parler prix avec le vendeur, passez par ces contrôles simples.

  • Vérifiez le numéro de cadre et le code modèle (4LO, 31K, RD350N, RD350F, RD350F2) : ils doivent correspondre à la carte grise et à l'année annoncée.
  • Inspectez les collerettes d'échappement et l'état général de la ligne, souvent le premier poste de dépense après achat.
  • Examinez les soudures du cadre, en particulier autour du tube de direction et des points d'ancrage moteur.
  • Contrôlez le jeu du bras oscillant : un axe mal graissé se traduit par un flou perceptible à l'arrière.
  • Recensez les pièces d'habillage manquantes ou abîmées avant de négocier, leur remplacement peut représenter un budget conséquent.
  • Si la moto a plus de trente ans d'immatriculation, demandez si elle dispose déjà d'une carte grise de collection délivrée par la FFVE, ou si cette démarche reste à faire.

Un essai moteur chaud, avec une attention particulière aux ratés en haut régime, complète utilement cette liste avant toute signature.

Image : Alf van Beem, CC0 (recadrée), via Wikimedia Commons