Yamaha SR 500 : la fiche modèle de ce monocylindre culte

Lancée en 1978, la Yamaha SR 500 reprend le bloc de la XT 500 pour en faire une routière minimaliste. Avant de vous lancer sur une occasion, il faut connaître ses versions, ses défauts connus et la fourchette de prix réelle du marché. Cette fiche réunit les chiffres utiles pour choisir, négocier et entretenir la vôtre.

En bref

  • La SR 500 est une monocylindre 4 temps de 499 cm³, dérivée du moteur de la XT 500, vendue en Europe de 1978 à 1983.
  • Elle développe environ 31,5 ch à 6 500 tr/min pour un poids à sec de 158 kg.
  • Elle démarre uniquement au kick, avec un levier de décompression au guidon pour faciliter la manœuvre.
  • Les premiers modèles européens roulent sur roues à rayons, disque avant et tambour arrière ; les versions 1980 et suivantes passent aux roues en alliage et aux pneus tubeless.
  • Comptez entre 3 000 et 4 500 € pour une occasion en bon état en Europe, les éditions spéciales et les exemplaires d'origine non roulés se négociant nettement plus haut.
  • Un défaut à surveiller à l'achat : des fissures au niveau du cylindre, rapportées par des clubs de propriétaires sur des exemplaires fatigués.
  • Son âge (plus de 40 ans) la rend éligible à la carte grise de collection en France, sous réserve des critères FFVE habituels.

Pourquoi la Yamaha SR 500 est née de la XT 500

Yamaha présente la SR 500 en 1978 comme la version routière de la XT 500, son enduro à succès lancée trois ans plus tôt. Le constructeur reprend l'architecture du monocylindre à arbre à cames en tête et carter sec, et l'adapte à un usage exclusivement route.

Le style est signé Atsushi Ishiyama, qui s'inspire des lignes de la bicylindre XS 650. L'objectif affiché est la simplicité : pas d'électronique, une mécanique facile à comprendre et à réparer soi-même. L'anecdote circule encore dans les clubs de marque : une blessure à la cheville du responsable technique lors d'un essai aurait poussé Yamaha à soigner particulièrement l'ergonomie du démarrage au kick.

La moto obtient une reconnaissance notable en Allemagne, où le magazine Motorrad l'élit « Moto de l'année » à deux reprises. Elle devient aussi, au fil des décennies, l'une des bases préférées des préparateurs pour construire café racers, scramblers et trackers, grâce à un cadre simple et une ligne déjà épurée d'origine.

À retenir sur sa genèse :

  • Moteur directement issu du XT 500 / TT 500, légèrement retravaillé.
  • Design signé Atsushi Ishiyama, influencé par la XS 650.
  • Double sacre « Moto de l'année » du magazine allemand Motorrad.
  • Commercialisation européenne limitée à 1978-1983, bien plus longue en Asie et en Océanie (jusqu'en 1999).

Caractéristiques techniques de la Yamaha SR 500

Les chiffres ci-dessous correspondent à la version européenne 1978-1979, référence la plus documentée. Les versions ultérieures varient légèrement sur la puissance et la vitesse de pointe selon les normes antipollution de chaque marché.

Poste Valeur
Moteur Monocylindre 4 temps, SOHC, 2 soupapes, refroidi par air
Cylindrée 499 cm³ (alésage 87 mm x course 84 mm)
Taux de compression 9,0:1
Alimentation Carburateur Mikuni VM34SS (34 mm)
Allumage CDI
Puissance maximale 31,5 ch (23,5 kW) à 6 500 tr/min
Couple maximal 36,3 Nm à 5 500 tr/min
Boîte de vitesses 5 rapports, transmission finale par chaîne
Démarrage Kick uniquement, avec levier de décompression
Cadre Berceau semi-double
Suspension avant Fourche télescopique 35 mm, 150 mm de débattement
Suspension arrière Double amortisseur, précharge réglable sur 5 positions, 105 mm de débattement
Frein avant Disque de 200 mm
Frein arrière Tambour de 150 mm (puis disque sur certaines versions post-1980)
Poids à sec 158 kg
Poids en ordre de marche Environ 173 à 175 kg
Réservoir 12 litres
Vitesse maximale Entre 135 et 150 km/h selon la version et le relevé
Consommation moyenne Environ 3 à 3,7 L/100 km

Ces écarts entre sources (poids, vitesse de pointe) viennent des différences de méthode de mesure et des variantes de millésime : vérifiez toujours la carte grise et la fiche constructeur de l'exemplaire que vous regardez, pas uniquement un chiffre générique trouvé en ligne.

Quelle version de Yamaha SR 500 choisir selon le millésime ?

Trois grandes familles de versions se distinguent sur le marché européen. Elles changent surtout le freinage et les roues, deux points qui pèsent directement sur l'usage au quotidien.

  • 1978-1979 (marché US) : disque avant et arrière, roues en alliage moulé.
  • 1978-1979 (marché européen) : roues à rayons, disque avant, tambour arrière.
  • 1980-1981 : disque avant, tambour arrière, mais roues compatibles pneus tubeless.

Un avis de motard publié sur Le Repaire des Motards, à propos d'un modèle 1998 de la gamme SR, résume un point qui s'applique directement à la SR 500 : une moto équipée d'un frein à disque se comporte nettement mieux en ville qu'une version tambour seul. Si votre usage est urbain, privilégiez donc un millésime avec disque, ou prévoyez cette conversion dans votre budget de remise en état.

Repères pour choisir votre version :

  • Usage ville dominant : cherchez un modèle avec disque avant, idéalement avec de bons freins d'origine en état.
  • Projet de préparation (café racer, scrambler) : un modèle tambour arrière importe peu, la base mécanique reste identique.
  • Recherche de collection non modifiée : les exemplaires à roues à rayons d'origine européenne sont plus rares et se négocient en conséquence.

Les défauts connus de la Yamaha SR 500

Avant de parler de ses qualités, il faut nommer ce qui peut poser problème sur une moto qui approche ou dépasse les 45 ans d'âge.

  • Fissures de cylindre : des clubs de propriétaires, notamment en Australie, signalent des cas de fissures sur des blocs ayant eu une vie difficile. Un contrôle visuel du cylindre et un essai moteur à froid s'imposent avant tout achat.
  • Démarrage au kick exigeant : sans décompresseur bien réglé, le kick demande de la technique. Un moteur mal entretenu complique encore le démarrage, surtout à froid.
  • Duo passager limité : la selle et la position du passager sont jugées inconfortables sur de longs trajets, un point confirmé par plusieurs retours de propriétaires de la gamme SR.
  • Vibrations au-delà de 80-90 km/h : le monocylindre devient plus bruyant et vibrant à haut régime, ce qui limite le confort sur autoroute.
  • Frein arrière à tambour sur une large partie des millésimes européens, moins rassurant qu'un double disque en usage urbain intensif.

Ces défauts n'empêchent pas la SR 500 d'être appréciée : ils doivent simplement entrer dans votre négociation et dans votre budget de remise en état, pas être découverts après l'achat.

Yamaha SR 500 au quotidien : comportement et consommation

Une fois ces points vérifiés, la SR 500 reste une moto facile à vivre. Son monocylindre délivre du couple dès les bas régimes, ce qui la rend maniable en circulation dense. La consommation moyenne tourne autour de 3 à 3,7 L/100 km, un chiffre cohérent avec les retours de propriétaires de la gamme SR en usage mixte.

La moto reste à l'aise sur petites routes et en ville, moins sur voie rapide où ses performances et son confort montrent vite leurs limites. C'est une mécanique sans électronique, simple à comprendre et à régler soi-même, ce qui explique sa popularité auprès des motards qui entretiennent leur machine au garage plutôt qu'en concession.

Acheter une Yamaha SR 500 d'occasion : cote et points de contrôle

Fourchette de prix observée en 2026 sur le marché européen :

Profil de la moto Prix constaté
Modèle courant, kilométrage élevé (25 000 à 45 000 km) 3 000 à 4 000 €
Modèle en bon état, kilométrage modéré 4 000 à 4 500 €
Édition spéciale (Kenny Roberts 60th Anniversary) À partir de 4 250 €
Exemplaire neuf jamais roulé, vente aux enchères Plusieurs milliers d'euros, hors marché courant

Il n'existe pas de cote française officielle dédiée à la SR 500 : les barèmes publiés en France couvrent surtout la SR 400. Basez-vous sur les annonces européennes comparables, en ajustant selon l'état réel et les papiers.

Contrôles avant achat :

  • Vérifiez le numéro de cadre et sa correspondance avec la carte grise avant même de parler du prix.
  • Inspectez le cylindre à la recherche de fissures ou de traces de fuite d'huile.
  • Testez le démarrage à froid pour juger du réglage du décompresseur et de l'état du carburateur Mikuni.
  • Contrôlez l'état des roues et du système de freinage selon la version (rayons ou alliage, disque ou tambour).
  • Demandez l'historique d'entretien, en particulier sur la distribution et le circuit d'huile.

Côté administratif, une SR 500 immatriculée pour la première fois avant 1996 et âgée de plus de 30 ans peut prétendre à la carte grise de collection, sous réserve de l'attestation FFVE et des critères en vigueur au moment de la demande.

Yamaha SR 500 ou SR 400, quelles différences ?

Les deux motos partagent la même philosophie, mais ne visent pas le même usage.

Critère Yamaha SR 500 Yamaha SR 400
Cylindrée 499 cm³ 399 cm³
Puissance Environ 31,5 ch Environ 23 à 27 ch
Couple 36,3 Nm 27,4 Nm
Poids à sec 158 kg Environ 174 kg (version relancée)
Période de commercialisation en Europe 1978-1983 Relancée en petite série plus tard, avec un tarif jugé élevé pour son contenu technique
Usage conseillé Route, un peu plus de pêche à l'accélération Usage urbain léger, caractère encore plus brut

Un essai publié sur Le Repaire des Motards à propos de la SR 400 relancée regrette justement l'absence d'une SR 500 plus vivante dans la gamme proposée à cette époque, signe que le surcroît de cylindrée reste un argument fort pour qui cherche un peu plus d'agrément sur route.

Image : Späth Chr., Public domain (recadrée), via Wikimedia Commons