Tapez « Kawasaki Z400 » dans un moteur de recherche et vous tombez d'abord sur un roadster A2 vendu depuis 2019. Ce n'est pas celle qui nous intéresse ici. La vraie Z400 de garage, celle qui a sa place dans un article sur les motos anciennes, est une bicylindre japonaise lancée en 1974, petite sœur de la Z900. Elle a tenu dix ans au catalogue avant de céder la place à un quatre-cylindres puis à la ZR400.
Cette fiche répond aux questions qu'on se pose avant d'acheter ou de restaurer une Z400 : ses versions, ses caractéristiques techniques, ses points faibles connus, le budget à prévoir et l'entretien courant.
En bref
- La Kawasaki Z400 bicylindre a été produite de 1974 à 1984, avec un moteur de 398 cm³ refroidi par air.
- À partir de 1980, Kawasaki ajoute une version quatre-cylindres, la KZ400-J, à moteur entièrement différent.
- Les exemplaires d'avant 1977 sont plus fragiles : fuites de joints d'huile et ralenti instable, corrigés par une révision des carburateurs cette année-là.
- Comptez entre 3 400 et 6 650 € pour un exemplaire d'origine en bon état sur les millésimes 1975-1979.
- La moto dépasse désormais les 30 ans d'âge, donc elle est éligible à la carte grise de collection.
- Ne confondez pas cette bicylindre avec le roadster Z400 actuel, commercialisé depuis 2019 : moteur, poids et prix n'ont rien en commun.
De quelle Kawasaki Z400 parle cet article ?
Le nom « Z400 » a été réutilisé par Kawasaki à 45 ans d'écart, pour deux motos qui n'ont rien à voir. La première est la bicylindre de 1974, sujet de cet article. La seconde est un roadster A2 dérivé de la Ninja 400, sorti en 2019 et toujours au catalogue.
| Critère | Z400 bicylindre (1974-1984) | Z400 actuelle (depuis 2019) |
|---|---|---|
| Moteur | Bicylindre 398 cm³, refroidi par air | Bicylindre 399 cm³, refroidi par liquide, dérivé de la Ninja 400 |
| Puissance | 36 ch à 8 500 tr/min (version 1977-1979) | 45 ch à 10 000 tr/min |
| Poids | 175 kg à sec | 167 kg tous pleins faits |
| Prix | 3 400 à 6 650 € d'occasion (millésimes 1975-1979) | 5 599 € neuve au lancement en 2019 |
| Statut | Moto de collection, carte grise collection possible | Moto A2 neuve, encore au catalogue |
Si vous cherchez un roadster récent pour le permis A2, ce n'est pas cet article qu'il vous faut. Si vous voulez comprendre, acheter ou entretenir la bicylindre d'époque, la suite est pour vous.
Quelle est l'histoire de la Kawasaki Z400 bicylindre ?
Kawasaki lance la Z400 en 1974 comme petite sœur de la Z1000, dans une gamme Z qui vise déjà les bicylindres et quatre-cylindres japonais universels. Elle doit concurrencer la Honda CB400F et la Honda CB550, deux références de l'époque chez le rival historique.
Son moteur bicylindre de 398 cm³ reçoit deux arbres d'équilibrage, l'un devant le vilebrequin et l'autre derrière, pour réduire les vibrations. C'était un argument technique rare sur un bicylindre de cette cylindrée en 1974. La production se fait d'abord à Akashi, au Japon, puis une partie est assemblée à Lincoln, dans le Nebraska, où Kawasaki ouvre une usine la même année pour le marché américain.
Les tout premiers modèles souffrent de deux défauts connus : des fuites par les joints d'huile et un ralenti instable. Kawasaki révise les carburateurs et les passages d'huile en 1977. Un exemplaire d'avant cette date demande donc une vérification plus poussée de l'étanchéité moteur.
La gamme évolue ensuite en versions D, S, A, B et C, puis en déclinaison custom LTD (H1 et H2) entre 1976 et 1980, avant qu'un tout nouveau moteur quatre-cylindres n'arrive en 1980 sous la désignation KZ400-J.
Quelles sont les versions de la Kawasaki Z400 ?
Sous un même nom commercial se cachent deux familles de moteurs très différentes. Le tableau suivant les distingue par année et par particularité technique.
| Version | Années | Moteur | Particularité |
|---|---|---|---|
| KZ400-D / KZ400-S | 1974-1976 | Bicylindre 398 cm³ | Premiers modèles, joints d'huile et ralenti à surveiller |
| KZ400-A / KZ400-B / KZ400-C | 1976-1980 | Bicylindre 398 cm³ | Carburateurs et passages d'huile révisés dès 1977 |
| Z400-G1 / Z400-G2 | 1978-1980 | Bicylindre 398 cm³ | Désignation utilisée sur le marché européen |
| KZ400-H1 / KZ400-H2 LTD | 1976-1980 | Bicylindre 398 cm³ | Version custom, style cruiser |
| KZ400-J1 / J2 / J3 | 1980-1983 | 4 cylindres 399 cm³, DOHC, 8 soupapes | Moteur entièrement différent du bicylindre, devient la ZR400 en 1983 |
| Z400 F | 1984-1985 (export Allemagne) | 4 cylindres 399 cm³ | 41 ch, frein avant à double disque |
Pour une restauration fidèle, vérifiez bien à quelle famille appartient votre moto : les pièces moteur du bicylindre et du quatre-cylindres ne sont pas interchangeables.
Quelles sont les caractéristiques techniques de la Kawasaki Z400 bicylindre ?
Les chiffres ci-dessous correspondent à la version bicylindre de référence, produite entre 1977 et 1979, après la révision des carburateurs.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Cylindrée | 398 cm³ |
| Alésage x course | 64 x 62 mm |
| Taux de compression | 9,4:1 (9,5:1 sur le millésime 1978) |
| Puissance maximale | 36 ch à 8 500 tr/min |
| Couple maximal | 3,3 kgf·m (23,8 lb-ft) à 7 500 tr/min |
| Boîte de vitesses | 5 rapports (6 rapports à partir de 1978) |
| Poids à sec | 175 kg |
| Empattement | 1 370 mm |
| Garde au sol | 125 mm |
| Chasse / angle de direction | 104 mm / 27° |
| Réservoir | 14 litres |
| Frein avant | Disque simple de 226 mm |
| Frein arrière | Tambour de 180 mm |
| Pneus avant / arrière | 3.25-S18 / 3.50-S18 |
| Consommation moyenne | Environ 5 L/100 km |
| Vitesse maximale | Environ 150 km/h |
| 400 m départ arrêté | 15,4 secondes |
La version quatre-cylindres qui lui succède en 1980 change entièrement de philosophie moteur. Sur le millésime export 1984-1985 (badge Z400 F), le quatre-cylindres de 399 cm³ délivre 41 ch à 10 500 tr/min pour 197 kg prêt à rouler, avec un réservoir de 18 litres et une vitesse maximale annoncée de 160 km/h. L'alésage et la course tombent à 52 x 47 mm, bien loin du bicylindre d'origine.
Quels sont les points faibles connus de la Kawasaki Z400 ?
Avant de regarder ses qualités, voici ce qui demande une vraie vigilance sur cette bicylindre :
- Fuites par les joints d'huile sur les modèles d'avant 1977. Contrôlez le carter et les zones de jonction moteur à froid puis après dix minutes de marche.
- Ralenti instable sur les mêmes millésimes. Un ralenti qui oscille vient presque toujours d'un carburateur mal réglé ou d'une prise d'air, plus fréquent avant la révision de 1977.
- Carburateurs sujets à l'engorgement après une longue immobilisation sans vidange du circuit d'essence. Un défaut classique sur toute moto ancienne stockée plusieurs mois.
- Versions de base sans démarreur électrique ni frein à disque avant. Vérifiez l'équipement d'origine de l'exemplaire avant de parler du prix : certaines finitions économiques en étaient dépourvues.
- Roulements de roue avant et amortisseurs de fourche fragilisés par l'âge. Un jeu perceptible à la roue ou un suintement d'huile sur les tubes de fourche annoncent une remise en état à prévoir.
- Tension de chaîne à surveiller de près. Trop lâche, elle use le pignon prématurément ; trop tendue, elle fatigue le roulement de sortie de boîte.
- Deux arbres d'équilibrage à l'intérieur du moteur. Un atout contre les vibrations, mais une complexité supplémentaire en cas de révision complète, avec des pièces plus rares à trouver que sur un simple bicylindre classique.
Quel budget prévoir pour acheter une Kawasaki Z400 ?
Il n'existe pas de cote officielle fiable pour cette bicylindre : les barèmes publiés en ligne concernent presque toujours le roadster actuel, pas le modèle d'époque. Les prix de référence viennent donc des annonces de motos de collection.
Sur les millésimes 1975 à 1979, les prix affichés s'échelonnent entre 3 400 et 6 650 € selon l'état technique, l'originalité, le kilométrage et la documentation disponible. Ce sont des prix demandés, pas des prix de vente réelle : négociez en fonction de l'état constaté, pas de l'annonce.
Les facteurs qui font monter le prix d'une Z400 :
- Un historique d'entretien documenté, factures à l'appui.
- Les pièces d'origine conservées, notamment échappement et carburateurs.
- Un kilométrage cohérent avec l'âge de la moto et son usage déclaré.
- La rareté du millésime ou de la finition (LTD custom par exemple).
Une moto à restaurer, moteur grippé ou cycle incomplet, se négocie nettement en dessous de cette fourchette. Faute de cote fiable sur ce segment, basez votre offre sur le coût réel des pièces et de la main-d'œuvre à prévoir, pas sur un chiffre forfaitaire.
Comment contrôler une Kawasaki Z400 avant de l'acheter ?
Avant de sortir le chéquier, prenez le temps de ces vérifications :
- Numéro de cadre. Comparez-le à celui inscrit sur la carte grise avant même de discuter du prix.
- Étanchéité moteur. Examinez le carter à froid, puis après dix minutes de marche, pour repérer une fuite de joint d'huile.
- Ralenti et carburateurs. Un ralenti qui varie sans raison trahit un réglage carburateur à revoir ou une prise d'air, plus fréquent sur les millésimes d'avant 1977.
- Roulements de roue avant. Soulevez la roue et cherchez un jeu latéral ou un bruit de roulement.
- Fourche avant. Vérifiez l'absence de suintement d'huile sur les tubes et testez le débattement à la main.
- Tension de la chaîne. Ni trop lâche, ni trop raide : un jeu de 2 à 3 cm à mi-chaîne est une référence raisonnable sur ce type de transmission.
- Historique et factures. Un dossier d'entretien documenté pèse directement sur le prix final et sur votre tranquillité ensuite.
- Carte grise de collection. Passé 30 ans d'âge, ce qui est le cas de toute Z400 aujourd'hui, la moto est éligible à ce statut auprès de la FFVE. Vérifiez si le vendeur l'a déjà fait établir, ou prévoyez cette démarche après l'achat.
Comment entretenir une Kawasaki Z400 au quotidien ?
Quelques repères pratiques pour garder une Z400 en état de rouler :
- Bougies : NGK D8EA ou ND X24ES-U selon la version du moteur. Vérifiez la référence exacte adaptée à votre millésime avant de commander.
- Huile moteur : la version quatre-cylindres (KZ400-J) demande environ 3,0 litres. Sur le bicylindre, référez-vous au manuel d'atelier de votre modèle précis, les contenances variant selon l'année.
- Documentation technique : le manuel Bucheli n°533 couvre les KZ400 B, D, D-3, Standard et Special, de janvier 1974 à décembre 1978. C'est la référence la plus accessible pour l'entretien courant du bicylindre.
- Réglage des carburateurs : à contrôler systématiquement après une immobilisation prolongée, cause la plus fréquente d'un ralenti irrégulier sur cette moto.
- Chaîne de transmission : graissage régulier et contrôle de tension à chaque révision, surtout sur une moto qui roule peu dans l'année.
Une Z400 bien suivie reste une bicylindre simple à entretenir soi-même, avec une mécanique nettement moins complexe qu'un quatre-cylindres de la même époque. C'est l'un de ses principaux atouts pour qui débute en mécanique moto ancienne.
Image : Palauenc05, CC BY-SA 4.0 (recadrée), via Wikimedia Commons
